Il est plaisant de voir parfois apparaitre dans les salles obscures de projection cinématographique , des films qui sortent des terrains battus et osent attaquer de façon plus ou moins dissimulés le politiquement correct .

300 fait partit de cette catégorie de films dérangeant pour le Bobo-humaniste ( et autres qualificatifs reflétant la médiocrité ambiante de cette sous-couche sociale ) par bien des aspects.

Le film sous couvert d’esthétisme et de suivi de  la trame du roman graphique nous envoie des messages qui épousent les contours des valeurs  ,qui furent autrefois celle des grandes civilisations européennes .

Honneur / Fidélité / Don de soi /  Refus de la médiocrité / Liberté / Patrie / Courage /Famille etc… Des valeurs qui pour le gauchiste attardé sonnent comme des obus fachistes . Il est vrai que la plupart de ces valeurs apparaissent bien plus souvent dans les discours de la droite bien à droite .  Et pourtant c’est ces mêmes valeurs qui ont influé et ont conduit des peuples à devenir et fonder des civilisations sans précèdent .

Ainsi naquit Athènes , Sparte , Rome

Mais revenons en à nos moutons , en l’espèce 300 et Sparte .

Le titre “300” correspond  au nombre mythique des guerriers qui sous le commandement de Leonidas défendirent héroïquement le défilé des Thermopyles face aux armées perses (480 av. JC), sauvant par leur sacrifice les cités grecques. 300 face à plusieurs dizaines de milliers de perses . Cet épisode qui pourrait rentrer dans le top 10 des évènements les plus héroïques de notre civilisation a trouvé un grand écho parmi les jeunes en perte de repère malgré l’acharnement médiatique à son encontre . Parmi le florilège de propos peu flatteurs , on y trouvait le sempiternel film proto-fascistes fascinés par le militarisme, l’autoritarisme et l’eugénisme spartiates Et même une suspicion de film de propagande en faveur de la guerre en Irak

Malheureusement pour nos pravda médiatique , cet épisode de l’histoire est tout ce qu’il y a de plus réel et le portrait de la civilisation spartiate qui en est fait dans le film est finalement assez bien réussi.

A l’inverse des représentations courantes de l’histoire antique et des conceptions morales actuelles, ce péplum semble plus proche de l’esprit des textes grecs (Herodote, Eschyle, Plutarque…) que ses prédécesseurs édulcorés.
300 s’affronte en effet avec un certain culot au registre considéré comme le plus élevé sous l’Antiquité : l’épique. La violence invraisemblable des scènes du film semble effectivement assez proche de celle des combats de la seconde guerre médique, tel qu’ils nous sont rapportés par Hérodote. Leonidas, grand roi, valeureux guerrier et époux modèle, est dans le film élevé au rang de héros : frère d’Hector et d’Achille mais aussi d’Ulysse, par les ruses qu’il emploie aussi bien pour contourner les règles de Sparte que pour défier Xerxès et ses armées (faire mine de s’agenouiller pour lancer l’attaque finale : on pense au Cheval de Troie ou à la mutilation de Polyphème).
En relisant Les Perses d’Eschyle (la description des Perses comme précieux et efféminés, l’opposition entre la monarchie absolue perse et les règles politiques grecques) ou l’Histoire d’Herodote (VII, 104, Démarate à Darius à propos des Spartiates : “En combat singulier, ils valent n’importe qui, mais tous ensemble ils sont les plus braves des hommes. Ils sont libres, certes, mais pas entièrement, car ils ont un maître tyrannique, la loi, qu’ils craignent bien plus encore que tes sujets ne te craignent : assurément, ils exécutent tous ses ordres ; or ce maître leur donne toujours le même : il ne leur permet pas de reculer devant l’ennemi, si nombreux soit-il, ils doivent rester à leur rang et vaincre ou périr.” ), on se rend compte que le film est plus profond qu’il n’y paraît. La démesure du conflit (le sol tremble à l’arrivée de la multitude perse, un nuage de flèches barbares cache le soleil) tout comme le manichéisme opposant la liberté et l’ordre grecs aux désordres, à la richesse, à la cruauté de la tyrannie perse pourrait être une traduction fidèle des sentiments que les Grecs du Vème siècle ont éprouvé face à l’arrivée des foules barbares…. face à ces myriades d’hommes soumis et fouettés par un chef impie et coupable d’hybris.

Un très bon documentaire sur la cité grecque de la chaine Planète a d’ailleurs été diffusé .

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