Sous l’ancien régime le droit du sol existait ,certes, mais n’était pas automatique (il dépendait aussi des différentes juridictions: le droit n’était pas uniforme sur l’ensemble du territoire).

Par contre il a été généralisé sous la révolution française pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la générosité et l’universalisme… c’était pour pouvoir intégrer plus de conscrits dans les armées revolutionnaires.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tout commence véritablement non pas sous la Révolution mais au début du xixe siècle avec l’adoption, en 1803, du Code civil. En 1789, « les révolutionnaires s’intéressent d’abord aux divisions de la société française plutôt qu’à la frontière qui sépare l’étranger du Français ». Ils ne parlent pas encore de nationalité mais, suivant un usage hérité de l’Ancien Régime, de « la qualité » de Français. Ils mettront bien un terme aux abus du pouvoir monarchique en fixant, en 1790, la nationalité dans la constitution. Mais les conditions de naturalisation pour l’étranger, inspirées du droit du sol, ne font qu’approfondir la tradition héritée de l’Ancien Régime : est Français toute personne qui est née en France et y demeure. C’est en vertu de cette définition que des Italiens, des Belges, des Espagnols… établis de longue date sur le territoire national seront réputés Français sans le savoir eux-mêmes, et enrôlés en conséquence dans l’armée, jusqu’à ce que des changements constitutionnels reconnaissent la nécessité d’une démarche volontaire.

http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_article=2590

Voir le livre

Droit du sol vs droit du sang ?
de Patrick Weil
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